Squonk
Alias: Lacrimacorpus dissolvens (nom parodique) / Territoire: États-Unis
La créature la plus triste du folklore américain, qui se dissout en larmes quand on la capture : invention littéraire documentée de 1910.
Le squonk est la plus mélancolique des créatures du folklore nord-américain. Il vivrait dans les forêts de pruches du nord de la Pennsylvanie, affligé d'une peau flasque, mal ajustée, couverte de verrues et de grains de beauté — une laideur dont il aurait pleinement conscience. Honteux, il se cacherait le jour et se déplacerait au crépuscule, pleurant sans discontinuer ; les chasseurs le pisteraient à ses traces de larmes. Sa défense ultime tient du paradoxe : acculé, le squonk se dissout dans ses propres pleurs, ne laissant à son capteur qu'une flaque et des bulles.
Contrairement à la plupart des cryptides, le squonk a un acte de naissance imprimé. Il apparaît en 1910 dans Fearsome Creatures of the Lumberwoods, le petit recueil où William T. Cox, forestier de profession, compile avec un sérieux feint les bêtes imaginaires que se racontaient les bûcherons — chaque espèce recevant un nom latin parodique, celui du squonk étant Lacrimacorpus dissolvens, « corps de larmes qui se dissout ». Cox y relate l'anecdote canonique : un certain J. P. Wentling, opérant près de Mont Alto, aurait capturé un squonk dans un sac en imitant ses sanglots ; en route vers chez lui, le sac s'allégea soudain — il ne contenait plus que des larmes et des bulles.
Le squonk appartient donc aux fearsome critters, ce bestiaire de camps forestiers où l'invention était la règle du jeu : on y bizutait les nouveaux venus et l'on y rivalisait d'absurde, sans que quiconque soit censé y croire durablement. Les folkloristes y voient aussi, pour le squonk, une touche d'autodérision douce-amère — la bête qui pleure sur sa propre laideur est un motif de conteur, pas un animal qu'on cherche.
C'est d'ailleurs sa postérité artistique qui l'a fait survivre : Genesis lui consacre la chanson « Squonk » sur l'album A Trick of the Tail en 1976, Steely Dan l'évoque dans « Any Major Dude Will Tell You », et il traverse depuis romans, jeux et bandes dessinées. La ville de Johnstown, en Pennsylvanie, lui a même dédié un petit festival. Le squonk n'a jamais eu besoin d'exister pour faire carrière — il suffit qu'il soit triste.
+ Observations marquantes
// Forêts de pruches, nord de la Pennsylvanie
William T. Cox décrit le squonk dans Fearsome Creatures of the Lumberwoods, avec son nom latin parodique Lacrimacorpus dissolvens. Le livre, compilation assumée du folklore des camps de bûcherons, constitue l'acte de naissance documenté de la créature.
// Mont Alto, Pennsylvanie
Selon l'anecdote rapportée par Cox, le chasseur J. P. Wentling capture un squonk dans un sac en imitant ses sanglots ; le sac, soudain léger, ne contient plus à l'arrivée que larmes et bulles. Ce récit-type illustre la nature volontairement insaisissable de la bête.
// Culture populaire
Genesis publie la chanson « Squonk » sur A Trick of the Tail, offrant à la créature une seconde vie mondiale. Cette carrière artistique, de Steely Dan aux jeux vidéo, entretient depuis la notoriété du plus triste des critters.
+ Explications rationnelles avancées
- Invention littéraire documentée : le squonk naît dans le recueil humoristique de William T. Cox (1910)
- Folklore de camps de bûcherons, où les créatures étaient inventées pour rire et bizuter les nouveaux
- La dissolution en larmes est un dispositif narratif rendant toute vérification impossible par construction
- Sa survie tient à la culture populaire (Genesis, Steely Dan), non à des observations
Note de statut
Classe 5 : non pas canular mais invention documentée comme telle — le squonk naît dans un livre humoristique identifié, sans aucune tradition de témoignages le présentant comme réel.
+ Questions fréquentes
- Le squonk existe-t-il ?
- Non, et il n'a jamais prétendu exister : la créature est née en 1910 dans un recueil humoristique de William T. Cox compilant les bêtes imaginaires des camps de bûcherons. Sa capacité à se dissoudre en larmes rend d'ailleurs toute vérification impossible par construction — c'est le ressort de la blague.
- Pourquoi le squonk pleure-t-il tout le temps ?
- Le folklore le dit honteux de sa peau flasque couverte de verrues, au point de se cacher le jour et de pleurer en marchant. Les conteurs en ont fait la créature la plus triste du bestiaire américain, et c'est précisément ce trait qui a inspiré musiciens et écrivains.
- Quel lien entre le squonk et Genesis ?
- En 1976, le groupe a publié la chanson « Squonk » sur l'album A Trick of the Tail, en s'inspirant directement de la légende du critter qui se dissout en larmes. C'est l'une des raisons pour lesquelles cette invention de 1910 est encore connue mondialement.